Comparaison des alternatives
La comparaison des alternatives est une procédure clé dans la théorie de la décision, visant à établir des différences ou des relations de préférence entre deux ou plusieurs alternatives. Elle sert de base à un choix éclairé et constitue une étape intermédiaire entre l'évaluation et la sélection des solutions. La comparaison des alternatives n'est pas seulement une étape technique du choix, mais aussi un outil d'analyse substantiel. Elle permet non seulement de choisir, mais aussi de mieux comprendre la nature des alternatives, d'appréhender plus profondément les conséquences du choix et de renforcer la justification de la décision prise.
Caractéristiques générales
La comparaison s'effectue sur la base des caractéristiques (attributs, paramètres) qui décrivent les alternatives. Elle permet d'établir :
- lesquelles des alternatives sont préférables,
- lesquelles sont équivalentes,
- lesquelles sont incomparables dans le contexte actuel.
Le résultat de la comparaison exprime le jugement subjectif ou formalisé du décideur (DM) sur la supériorité d'une alternative par rapport à une autre, ou sur leur équivalence ou l'incertitude de la relation entre elles.
Formes de comparaison
La comparaison peut être :
- Par paires — analyse des relations entre deux alternatives (la forme la plus courante).
- En groupe — examen des relations entre un ensemble d'alternatives simultanément.
- Critère par critère — les alternatives sont comparées selon des critères individuels, après quoi une analyse de synthèse est effectuée.
- Intégrale — s'applique après une évaluation préliminaire selon tous les critères, en tant que comparaison finale et globale.
Types de relations lors de la comparaison
En pratique, on distingue les formes suivantes d'expression des relations comparatives entre les alternatives :
- Équivalence — deux alternatives sont considérées comme également acceptables ou indiscernables en termes de préférence.
- Préférence (stricte ou non stricte) — une alternative est considérée comme meilleure qu'une autre, ou comme n'étant pas moins bonne.
- Incomparabilité — il est impossible de déterminer quelle alternative est la meilleure en raison d'un manque d'information, d'incertitude ou de la nature différente des attributs.
De telles relations peuvent être établies de manière explicite (par les déclarations du décideur) ou implicite (par des procédures structurées ou des algorithmes de comparaison).
Approches de la comparaison
La comparaison peut se fonder sur différentes approches :
- Comparaison verbale — par des déclarations subjectives (« A est meilleur que B », « les deux sont acceptables », « impossible à dire »).
- Comparaison par classement — par l'ordonnancement de toutes les alternatives selon leur degré de préférence.
- Relations binaires — attribution à chaque paire d'alternatives de l'une des relations possibles (meilleur, moins bon, équivalent, incomparable).
- Évaluations fonctionnelles — les alternatives sont comparées sur la base des valeurs d'une fonction agrégée (par exemple, une fonction d'utilité) qui reflète les préférences du décideur.
Rôle des préférences du décideur
Les préférences du décideur constituent la base de toute comparaison :
- Elles peuvent être exprimées de manière explicite — par des indications et des évaluations directes.
- Elles peuvent être révélées au cours du processus de comparaison — à travers une séquence de décisions ou d'actions.
- Souvent, les préférences sont formalisées à l'aide de modèles de relations binaires ou réduites à des fonctions numériques reflétant la préférence.
Il est important de prendre en compte que les préférences du décideur peuvent être :
- Incohérentes (par exemple, en raison de la subjectivité).
- Contextuelles (dépendant de la formulation du problème, des conditions).
- Hiérarchisées (en présence de plusieurs niveaux de critères et de sous-objectifs).
Comparaison et structuration
La comparaison des alternatives est étroitement liée à la structuration préalable de la situation problématique : identification des critères, définition des attributs et clarification des objectifs. Sans cela, la comparaison risque d'être subjective et incomplète.
De plus, c'est souvent par la comparaison que l'on découvre :
- Des lacunes dans la définition des critères.
- Des contradictions dans les évaluations.
- Des lacunes dans les préférences du décideur.